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Allocution de monsieur Jean-Pierre Asselin de Beauville, Vice-recteur aux programmes de l'Agence universitaire de la Francophonie, à l'occasion du Rendez-vous entrepreneurial de la Francophonie 2005
Montréal, le 24 mars 2005
Madame la Ministre, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les distingués invités, Chers collègues, Chers étudiants, Mesdames, Messieurs,
Je voudrais d’abord saluer tous les participants à cette grande chaîne de coopération et d’échanges qui est tendue aujourd’hui entre divers lieux de la francophonie vivante. Je veux saluer plus particulièrement Madame la Ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Gouvernement du Québec pour avoir accepté, par sa présidence d’honneur, de donner à cette manifestation un rayonnement international accru. Je suis également heureux que Monsieur le Ministre de la Francophonie du Gouvernement fédéral du Canada ait tenu à être représenté. Ce double parrainage nous assure de l’intérêt pour les gouvernants de ce rendez-vous entrepreneurial. Comme vous le savez, je représente ici, Madame Michèle Gendreau-Massaloux, Rectrice de l’Agence universitaire de la Francophonie dont l’agenda ne lui a pas permis de participer à cette Conférence. L’Agence universitaire se sent concernée par la culture entrepreneuriale. L’entreprise est, en effet, un des débouchés essentiel pour une partie des étudiants qui sont formés dans les établissements d’enseignement supérieur. Les entreprises sont aussi, et on a parfois tendance à l’oublier, un moteur puissant pour le développement de la recherche scientifique. À ce titre, il nous paraît souhaitable que les chercheurs et les professeurs acquièrent une certaine connaissance du milieu de la production économique. Enfin, aujourd’hui, nous connaissons tous le rôle déterminant que joue, pour la formation des jeunes, la professionnalisation des formations. Les universités des pays en développement, après celles des pays plus développés, ont aujourd’hui bien pris la mesure de ce rôle et tendent à multiplier de plus en plus ce type de formation. Toutes ces raisons ont conduit l’AUF a introduire dans ses programmes des actions susceptibles de participer à la diffusion de la culture d’entreprise dans le milieu universitaire. Il s’agit avant tout de développer les qualités individuelles des étudiants en leur apportant un passeport pour la réussite de leurs projets professionnels. La formation, même si elle n’est pas le seul facteur déterminant, est le moyen le plus sûr pour accroître l’employabilité des personnes. Selon des recherches effectuées aux Etats-Unis, le fait d’avoir suivi deux ans de formation de niveau moyen orientée vers la vie professionnelle permettrait de gagner jusqu’à 20 à 30% de plus sur le plan de la rémunération. En France, des études portant sur la période 1970-1993 montrent que les personnes possédant des qualifications professionnelles post secondaires avaient beaucoup plus de facilités à trouver un emploi, beaucoup moins de risques de connaître le chômage et, beaucoup plus de chances de voir leur rémunération augmenter rapidement. Selon la Banque mondiale, un paysan qui est allé à l’école pendant quatre ans est beaucoup plus productif qu’un paysan sans instruction. Mais je n’oublie pas que notre Rendez-vous porte sur l’identification des actions et sur les résultats obtenus. Que fait donc concrètement l’Agence universitaire dans ce domaine ? D’abord en matière de formation, l’Agence intervient à différents niveaux : En premier et second cycle, une dizaine de Filières universitaires francophones (sur un total de 75 soutenues par l’AUF) relèvent du domaine de la gestion des entreprises. Elles sont situées en Asie, en Europe centrale et au Liban. Ces filières qui le plus souvent s’étendent sur 4 à 5 années d’études ont déjà formé plusieurs milliers d’étudiants. Au niveau du troisième cycle, l’action de l’Agence s’est surtout concentrée sur la mise en place de formation professionnalisantes à travers les Instituts de la Francophonie. Ces derniers se caractérisent par un recrutement régional, voire international, par l’appui d’un consortium multilatéral d’universités). Deux Instituts (sur 4) sont concernés par l’entrepreneuriat : o L’Institut de la Francophonie en Entrepreneuriat (IFE) situé à Maurice qui prépare en 18 mois à un Master en entrepreneuriat et au Diplôme d’études supérieures spécialisées de l’Université de Bordeaux IV. Une soixantaine d’étudiants sont formés à chaque promotion.o L’Institut de la Francophonie en Administration et Gestion (IFAG) situé à Sofia qui délivre, chaque année, à une soixantaine d’étudiants un Master de l’Université de Nantes. Plus de 400 diplômés sont déjà issus de cette formation.o Enfin, je souhaite mentionner ici, un projet de création d’Institut à Haïti dans le champ de la Gestion et de l’entrepreneuriat. Cet Institut, si nous parvenons à trouver le financement nécessaire, serait un levier puissant pour le décollage économique de la République haïtienne.Sous la forme de formation ouvertes et à distance, l’AUF soutien 8 diplômes (sur 36 proposés) qui ont trait à la gestion des entreprises. Ce sont des diplômes francophones qui sont proposés au travers du réseau internet aux étudiants des pays les plus démunis. Parmi les 14 Réseaux institutionnels soutenus, on note la présence de la Conférence des Institutions d’Enseignements supérieur et de recherche de Gestion d’Expression française (CIDEGEF). Ce Réseau rassemble les Facultés et Ecoles du domaine et a pour objectifs de développer :
Des incubateurs d’entreprises sont mis en place dans le cadre de certains Campus numériques francophones (Beyrouth, Dakar, …). En ce qui concerne la recherche scientifique : Sur 17 Réseaux multilatéraux de chercheurs, un est consacré aux recherches en entrepreneuriat. Il s’agit du Réseau de chercheurs « Entrepreneuriat » qui regroupe plus de 450 chercheurs dont la moitié sont issus des pays du Sud et de l’Est. Ce Réseau a déjà produit plus de 87 publications. Douze actions de recherches concertées ont été soutenues depuis 1997 en coopération entre des équipes du Sud et du Nord. Un Pôle d’excellence régional (sur 16), situé à Sofia, a pour thème la mise en place de formations doctorales régionales au sein du Centre francophone d’ingénierie pour le développement. Des Projets de coopération scientifiques inter universitaires permettent de relier des équipes du Nord et du Sud en vue de recherches appliquées. A titre d’illustration cette année 105 projets ont été soutenus. Il serait encore possible de citer d’autres actions de programmes qui ont trait, au moins indirectement au développement de la culture entrepreneuriale, (soutien aux diasporas, aux colloques scientifiques, mobilités, mise en place d’un Groupe de réflexion sur la microfinance, Départements de l’emploi francophone,…) mais cela risquerait d’allonger trop mon intervention. En guise de conclusion, je dirai que la culture entrepreneuriale ne me semble pas de nature fondamentalement différente de celle de la culture en général. Et dans cette acceptation particulière, il convient tout autant, de respecter et de promouvoir la diversité. L’entreprise a tout à gagner à s’insérer avec harmonie dans le moule des cultures régionales, elle ne gagnera rien à vouloir coûte que coûte imposer un modèle étranger sans un respect, au moins partiel, de l’histoire et des coutumes régionales. Tous les industriels savent que les affaires sont plus faciles à traiter dans la langue de son client plutôt que dans une langue étrangère. Seule la maîtrise de la langue de communication permettra d’établir la confiance nécessaire à la transaction. C’est pourquoi ces Rendez-vous, en faisant mieux connaître la diversité des cultures entrepreneuriales en usage en Francophonie, en bâtissant des ponts entre celles-ci me paraissent propices à la mise en place d’une « communauté de pratique » plus épanouie et plus efficace. Pour finir, je souhaite féliciter Claude Ruel, l’organisateur de cet événement, pour le choix de la vidéoconférence comme technologie. En effet, ce médium permet d’être ensemble et symbolise, en quelque sorte, la solidarité francophone. Il permet dans le même temps, à chacun des participants de demeurer chez soi, marquant par là le respect de l’identité culturelle de chaque région de la Francophonie. « Etre soi-même pour mieux être solidaires », telle pourrait être la devise de ces rendez-vous…
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