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Allocution de madame Monique Gagnon-Tremblay, ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie à l'occasion du Rendez-vous entrepreneurial de la Francophonie 2005

 

Montréal, le 24 mars 2005

 

Monsieur le président de l’Institut de stratégie et de pédagogie en entrepreneuriat,

Monsieur le représentant de la rectrice de l’Agence universitaire de la Francophonie,

Monsieur le directeur de HEC Montréal,

Chers amis de la Francophonie internationale et des différentes régions du Québec,

Mesdames et Messieurs,

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai accepté d’agir comme présidente de ce 2e Rendez-vous entrepreneurial de la Francophonie. D’entrée de jeu, je tiens à saluer l’initiative du président de l’Institut de stratégie et de pédagogie en entrepreneuriat, monsieur Claude Ruel, d’organiser cette rencontre internationale qui permettra de confronter les points de vue des représentants de pays de la Francophonie au Nord et au Sud sur l’important enjeu du développement de la culture entrepreneuriale.

Je suis particulièrement sensible à l’intérêt que représente cette vidéoconférence qui réunit des représentants de 10 gouvernements membres de la Francophonie ainsi que des participants de 7 régions québécoises. Grâce aux nouvelles technologies de l’information, nous pouvons ainsi mettre en présence, à un coût relativement modeste, plusieurs centaines de personnes, en majorité des jeunes provenant de divers horizons de la Francophonie, en Amérique, en Europe, en Afrique et en Asie.

Le Rendez-vous entrepreneurial 2005 a pour objectifs principaux, rappelons-le, d’aborder dans un premier temps, à l’occasion de la vidéoconférence d’aujourd’hui, les actions concrètes de développement de la culture entrepreneuriale dans les différents pays francophones participants et, dans un deuxième temps, au cours des mois qui suivront, de mettre en place une « communauté virtuelle de pratique » visant à poursuivre les échanges par Internet.

Je me réjouis que ce Rendez-vous 2005 figure parmi les événements organisés pour souligner la Journée internationale de la Francophonie qui, chaque année, rappelle la signature, le 20 mars 1970, à Niamey au Niger, du traité créant l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT). Cette journée marque l’acte de naissance officiel de la Francophonie, qui trouvera son visage actuel au Sommet de Hanoi, en 1997, avec la mise en place de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’élection de son secrétaire général.

Ceux qui, comme moi, ont eu le privilège de participer l’an dernier au 1er Rendez-vous entrepreneurial en 2004, se souviendront de la présence dans cette salle du secrétaire général de la Francophonie, M. Abdou Diouf, qui avait beaucoup insisté sur l’importance du développement de la culture entrepreneuriale afin de rendre l’espace francophone plus équilibré sur le plan économique. M. Diouf nous avait alors invités à privilégier les activités de formation et de renforcement de la capacité de gestion d’entreprise, en mettant l’accent sur la microfinance non seulement pour assurer le développement local, mais aussi pour lutter contre la pauvreté dans tous ses aspects.

Les propos du secrétaire général revêtent une importance d’autant plus significative qu’ils ont trouvé un écho formidable dans la Déclaration de Ouagadougou que les Chefs d’État et de gouvernement francophones ont émise à l’issue du Xe Sommet de la Francophonie, qui s’est tenu en novembre dernier au Burkina Faso, ainsi que dans le Cadre stratégique de la Francophonie qu’ils ont adopté pour les 10 prochaines années.

Il est intéressant de souligner que l’événement d’aujourd’hui s’inscrit dans la foulée de 2 des 4 missions de ce Cadre stratégique décennal. Parmi les objectifs stratégiques à long terme que la Francophonie s’est engagée à poursuivre, notons entre autres le développement de l’emploi grâce au renforcement de l’enseignement technique et professionnel ainsi qu’à une coopération active avec le secteur privé. En outre, afin de contribuer à la réduction de la pauvreté dans une stratégie de développement durable, le Cadre stratégique décennal entend privilégier les actions susceptibles de « développer l’apprentissage et l’accès aux technologies de l’information et de communication et aux moyens modernes de gestion » de même que les mesures favorisant «  le développement d’institutions de microfinance qui (…) peuvent avoir des effets multiplicateurs permettant, notamment aux femmes et aux jeunes, de trouver plus facilement un emploi ».

À n’en pas douter, la mise en œuvre de ces priorités de la Francophonie sera grandement facilitée par le développement d’une véritable culture entrepreneuriale dans l’espace francophone. Il importe en effet de favoriser le développement d’attitudes, de compétences et d’habiletés profitables autant aux entrepreneurs de demain qu’aux futurs employés et à tous les citoyens. À cet égard, j’aimerais signaler le travail exemplaire de plusieurs opérateurs de la Francophonie, dont l'Institut de la Francophonie pour l'Entrepreneuriat (IFE), un institut spécialisé de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), auquel est associée l’École des Hautes Études Commerciales de Montréal (HEC) qui nous accueille aujourd’hui, ainsi que l’Institut francophone des nouvelles technologies de l’information et de la formation (INTIF), rattaché à l’Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF).

Au Sommet de Ouagadougou, le Québec s’est engagé à renforcer la solidarité avec les pays francophones en mettant son expertise à leur disposition, notamment dans le cadre des différents programmes des opérateurs de la Francophonie où il joue un rôle actif. Par ailleurs, je vous rappelle que le 17 février 2004, le premier ministre du Québec, M. Jean Charest, a rendu public le premier plan d’action triennal du Défi de l’entrepreneuriat jeunesse, assorti d’un financement de quelque 21 millions de dollars. Visant essentiellement le développement d’une culture de l’entrepreneuriat, ce plan d’action s’articule autour de 3 axes d’intervention :

1° la mise à contribution de l’école;

2° la création d’un environnement favorable; et

3° la diffusion, auprès des jeunes entrepreneurs, de stratégies efficaces.

 

Parmi les nombreuses mesures mises de l’avant dans ce plan d’action, il y a lieu d’insister sur les suivantes :

        les mesures favorisant le rapprochement de l’entrepreneur et de l’école;

        la mise en place d’un réseau de 75 agents voués à la sensibilisation à l’entrepreneuriat jeunesse sur l’ensemble du territoire québécois;

        la promotion de la pratique du mentorat et du réseautage d’entreprises;

        et le soutien au projet de microcrédit de jeunes entrepreneurs.

Nombreuses sont les initiatives qui ont d’ailleurs été développées avec le concours du ministère de l’Éducation du Québec, comme la conception d’activités pédagogiques adaptées à l’enseignement primaire, secondaire et collégial ainsi que le Concours québécois en entrepreneuriat qui dépasse maintenant les frontières du Québec.

Je m’en voudrais de passer sous silence l’étroite collaboration des milieux régionaux et l’appui indéfectible de quelque 40 partenaires québécois, dont au premier chef le Mouvement des caisses Desjardins qui vient d’annoncer une aide substantielle à l’Université Laval de Québec pour financer la Chaire d’entrepreneuriat et d’innovation. Je tiens à saluer également les efforts tenaces et visionnaires de Développement international Desjardins dans les pays en développement, s’agissant du renforcement de la microfinance comme outil majeur d’un développement équitablement partagé, au bénéfice des plus démunis.

En terminant, je vous invite, dans le cadre des échanges que vous aurez dans quelques minutes, à débattre des mesures concrètes qu’il y aurait lieu d’adopter pour assurer le développement de la culture entrepreneuriale dans vos milieux respectifs. Pour ma part, il m’apparaîtrait opportun que vous discutiez, entre autres, de la mise en place éventuelle d’une « communauté de pratique en entrepreneuriat » qui permettrait d’approfondir la réflexion tout au long de l’année, grâce à une utilisation judicieuse de l’Internet. À cet égard, nul doute que l’expertise et les ressources de partenaires québécois comme l’Institut de stratégie et de pédagogie en entrepreneuriat que dirige M. Ruel ainsi que des institutions multilatérales comme l'Institut de la Francophonie pour l'Entrepreneuriat (IFE) et l’Institut francophone des nouvelles technologies de l’information et de la formation (INTIF) devraient être mises à contribution.

Dans ce contexte, je suis persuadée que le travail que vous accomplirez en commun, au cours des trois prochaines années, devrait permettre au Rendez-vous entrepreneurial de la Francophonie de 2008 de marquer un jalon important du développement de l’entrepreneuriat au sein de l’espace francophone, à l’occasion du XIIe Sommet de la Francophonie dont le Québec sera l’hôte.

Chers amis des différentes villes du Québec et de la Francophonie réunis aujourd’hui par vidéoconférence, je vous souhaite de fructueux échanges et je forme le vœu que vos délibérations suscitent la réalisation de nombreux projets concrets et bien ciblés. Partout au sein de la Francophonie, vous avez un rôle essentiel à jouer dans la promotion de la culture entrepreneuriale comme levier du développement durable. Misant sur votre sens de la créativité dans tous les domaines, la Francophonie a besoin de vous pour se réinventer, pour réinventer un monde meilleur et solidaire.

Bonne vidéoconférence à toutes et à tous !

 

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Dernière modification : 21 October 2008